Gellius, Noctes Atticae III 1, or the Disastrous Effects of Greed
Abstract
Le but de cet article est de présenter la matière d’un chapitre des Nuits Attiques (III 1), dans lequel Aulu-Gelle dépeint une conversation tenue par le philosophe Favorin d’Arles avec quelques-uns de ses disciples. Les lettrés discutent d’un passage de la Conjuration de Catilina (11, 3). Salluste y fait une vigoureuse attaque contre l’avaritia. Une des idées introduites par Salluste est que la cupidité rend efféminé non seulement l’âme, mais également le corps. Les diverses interprétations que les interlocuteurs d’Aulu-Gelle donnent à cette accusation, sont ici examinées en tenant compte non seulement du contexte plus large du passage sallustéen, mais aussi de la figure de Favorin et particulièrement telle qu’elle nous est présentée dans les Nuits Attiques. On tente de démontrer que Favorin, qui mène la conversation, n’est pas sérieux, comme on l’a souvent cru, mais que, ironisant sur sa propre condition (il était à la fois extrêmement riche et efféminé), il se moque des grammairiens. Ce passage d’Aulu-Gelle appartient donc à cette catégorie de chapitres des Nuits Attiques dans lesquels on dévoile l’ignorance de pédants.